Niger
Soigner la malnutrition et le paludisme
Au Niger, un enfant sur quatre n’atteint pas l’âge de 5 ans.
Malnutrition et carence, voire absence, de soins de santé primaires en sont les raisons principales. ALIMA, en partenariat avec BEFEN (Bien-Etre de la Femme et de l’Enfant au Niger , association nigérienne) lutte contre la malnutrition et le paludisme chez les enfants de moins de 5 ans, les plus vulnérables, dans la région de Zinder, à l’est du pays, une des régions les plus touchées.
Contexte : hyper endémicité de la malnutrition et du paludisme
Le Niger, pays situé au cœur du sahel, compte environ 14 millions d’habitants. Les indicateurs de santé y sont en dessous des normes minimales internationales. Le Niger présente la quatrième mortalité infantile la plus élevée dans le monde : un enfant sur quatre n’atteint pas l’âge de 5 ans.
La mortalité très importante des jeunes enfants s’explique notamment par une forte prévalence de la malnutrition. Celle-ci s’évalue à la fois par la prévalence de la malnutrition dite chronique, c’est-à-dire qu’elle entraine un retard de croissance chez l’enfant et de la malnutrition aigüe, c’est-à-dire qu’elle entraine un retard de poids par rapport à une taille donnée. Au Niger la malnutrition chronique est estimée à 50% et à 60% dans la région de Zinder.
Une population dont la malnutrition aigüe est supérieure à 15% est considérée dans une situation d’urgence. Ce taux est dépassé tous les ans au Niger et ce malgré une situation politique stable et l’absence de crise nutritionnelle particulière. La surmortalité s’explique également par une forte prévalence de certaines pathologies particulièrement mortelles chez l’enfant – paludisme, diarrhées et rougeole – et par l’absence d’accès aux soins de santé primaires et secondaires.
Malgré d’importants progrès réalisés dans la prise en charge de la malnutrition, avec notamment l’adoption par les autorités nigériennes d’un protocole de soin adapté, la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition sévère au Niger est encore largement insuffisante. Seuls 20% de ces enfants reçoivent un traitement approprié.
L’action de ALIMA
La région de Zinder, une des régions où la situation nutritionnelle est la plus préoccupante depuis plusieurs années : 17,8% de MAG et un taux de mortalité infantile supérieure au seuil d’urgence de 2.00 décès/10.000/j.
Depuis Juillet 2009, ALIMA gère en collaboration avec l’ONG médicale nigérienne BEFEN un programme de prise en charge de la malnutrition et du paludisme dans le district de Mirriah (800 000 habitants) dans la région de Zinder.
Bien Etre de la Femme et de l’Enfant au Niger (BEFEN – Rayuar Iyali) est une association humanitaire de droit nigérien fondée en 2002 par un groupe composé essentiellement de médecins nigériens. Apolitique, son objectif est de « promouvoir le bien être de la femme et de l’enfant au Niger dans les domaines de la santé et de l’éducation ».
Ensemble, ALIMA et BEFEN collaborent avec différents acteurs pour appuyer le Ministère de la Santé du Niger afin de réduire la mortalité infanto-juvénile. L’UNICEF fournit les aliments thérapeutiques et médicaments pour les centre de traitement de la malnutrition de Mirriah. Le PAM (Programme alimentaire mondial) fournit la nourriture pour les mères-accompagnantes. ALIMA et BEFEN s’assurent de la qualité médicale des soins et de la bonne gestion opérationnelle du projet.
Le programme ALIMA/BEFEN, assure une prise en charge adaptée selon l’état de santé des enfants : soins ambulatoires ou soins hospitaliers. Les enfants sévèrement malnutris qui ne présentent pas de complication médicale et ceux qui souffrent de paludisme simple ne sont pas hospitalisés, et sont suivis en ambulatoire. ALIMA/BEFEN assure une prise en charge hospitalière pour les enfants nécessitant un suivi médical plus approfondi.
Pour ce faire, ALIMA apporte un soutien en ressources humaines, en matériel et équipement médical et en formation aux 15 Centres de Réhabilitation Nutritionnelle Ambulatoire pour la prise en charge de la malnutrition aigue Sévère (CRENAS) dans le district de Mirriah et au Centre de Réhabilitation Nutritionnelle Intensive (CRENI) de l’hôpital de Mirriah.
ALIMA poursuit son soutien actif à BEFEN, avec un double objectif de haute qualité des soins et de gestion, afin d’aller vers une autonomie de BEFEN.
ALIMA a aussi formé 75 agents locaux et 120 agents communautaires au dépistage précoce des enfants sévèrement malnutris au sein des communautés. Un dépistage précoce permet non seulement de sauver des vies, mais aussi de limiter, voire d’éviter les séquelles de la malnutrition.
Niger : l’action de ALIMA en chiffres
Patients : en 2010, plus de 26 000 enfants de moins de 5 ans ont été pris en charge dans ce programme ainsi que 32 000 cas de paludisme. ALIMA/BEFEN ont hospitalisé plus de 4 500 enfants depuis le début du projet.
Budget 2010 : 1 719 000 Euros
En 2009, 4 500 enfants souffrant de malnutrition sévères et 1 000 cas de paludisme simples avaient été pris en charge, et 600 enfants hospitalisés dans l’unité pédiatrique intégrée à l’hôpital de district de Mirriah.
Budget 2009 : 320 000 Euros
Ce projet commun ALIMA/BEFEN est financé par ECHO, l’Unicef, la section suisse de Médecins sans frontières et l’ONG irlandaise GOAL.

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