Mali
Lutter contre la mortalité infantile, malnutrition et paludisme
Un enfant sur cinq n’atteint pas l’âge de 5 ans au Mali
Situé au Sahel en Afrique de l’Ouest, le Mali compte plus de 13 millions d’habitants. Le paludisme est la première cause de mortalité et de morbidité dans le pays. 90% de la population vit dans des zones exposées. A lui seul, le paludisme représente 36% des consultations médicales à l’échelle du pays. Il touche tout particulièrement les enfants de moins de 5 ans, fortement exposés au risque de décès avec plus de 860 000 victimes contre 780 000 en 2009 (Rapport OMS, 2010). Associé à une prévalence de la malnutrition qui relève de l’urgence chronique, près d’un enfant sur 5 n’atteint pas l’âge de 5 ans, ce qui classe le Mali au 6ème rang des pays les plus touchés par la mortalité infantile.
Malgré une situation stable et une volonté réelle du gouvernement et des acteurs de l’aide d’améliorer la situation de la santé, le pays connait une forte prévalence de la malnutrition et un accès aux soins toujours insuffisant.
C’est ce défi qu’a voulu relever Alima, en partenariat avec l’AMCP (Alliance Médicale Contre le Paludisme), une ONG malienne déjà bien ancrée dans le cercle de Kangaba, région de Koulikoro, au sud du Mali, une des zones les plus touchés par ce fléau à deux têtes.
Le cercle du Kangaba : un accès difficile aux soins
Situé à mi-chemin de la frontière guinéenne et de la capitale, le cercle de Kangaba regroupe plus de 100 000 habitants ainsi que de nombreux immigrés venus des pays voisins.
L’accès aux structures de santé est difficile : plus de la moitié de la population vit à plus de 5 km des centres de santé communautaire, structures de santé les plus proches de la population. Il y en a 12 dans la zone, il existe aussi 2 centres de santé de référence à Kangaba et à Sélingué où on peut traiter les cas les plus graves. En saison des pluies, les routes deviennent impraticable alors que la prévalence de la malnutrition et la transmission des maladies telles que le paludisme atteignent leur pic. C’est dans ce contexte, associé au manque de moyens financiers, que l’accès aux soins est particulièrement difficile pour les populations les plus vulnérables.
Soigner la malnutrition et le paludisme : les actions de ALIMA
C’est pour répondre à ces difficultés d’accès aux soins que Médecins Sans Frontière Belgique a mis en place en 2005 un programme de prise en charge du paludisme avec des stratégies innovantes telles que la prise en charge gratuite ou encore la décentralisation des soins avec la mise en place d’un réseau d’agents de santé communautaire qui se déplacent dans les villages pour assurer le dépistage du paludisme et donner les premiers soins. Cela concerne les enfants de moins de 5 ans ainsi que les femmes enceintes, plus vulnérables face à la maladie. Cependant, en mars 2011 le projet de MSF Belgique a fermé, avec comme conséquence directe la suppression de la gratuité des soins, entrainant ainsi une diminution de moitié des consultations.
Pour préparer cette fermeture, MSF Belgique a collaboré avec son personnel national qui a décidé de créer sa propre ONG l’AMCP. Forte de l’expérience humanitaire de ses membres, l’ONG malienne était prête à reprendre le projet mais devait trouver un partenaire international pour les appuyer techniquement et leur ouvrir l’accès aux financements. Dans cet esprit, avec Alima, elle a choisi de reprendre le projet et d’aller plus loin, ensemble, dans la réduction de la mortalité infantile en y intégrant la prise en charge de la malnutrition des enfants de moins de 5 ans.
Depuis mai 2011, Alima et l’AMCP coordonnent conjointement le projet de prise en charge gratuite et décentralisée du paludisme et de la malnutrition assurant aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans les soins essentiels. Ensemble et en partenariat avec différents acteurs, notamment le Ministère de la Santé du Mali, c’est plus de 3 000 enfants qui pourront bénéficier du programme et poursuivre normalement leur cycle de croissance.
La mise en place du réseau d’agents de santé communautaire dans les villages permet non seulement d’assurer des soins aux populations isolées, mais également de détecter le paludisme et la malnutrition au plus tôt, permettant ainsi de traiter un plus grand nombre de personnes et d’éviter des complications. L’intégration de ces deux problèmes de santé publique dans une même approche, globale et intégrée, permet d’apporter un traitement adapté aux enfants.
En ce qui concerne le traitement contre le paludisme, les patients souffrant de paludisme simple sont suivis dans les villages ou les centres de santé communautaire, tandis que ceux présentant des formes plus complexes de la maladie doivent être hospitalisés aux centre de santé de référence. Pour la prise en charge de la malnutrition, les agents de santé communautaire peuvent dépister les enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère dans les villages. Selon la gravité de leur cas, ils peuvent être traités au niveau des centres de santé communautaire ou bien être hospitalisés aux centres de santé de référence. Alima assure un soutien en ressources humaines, en formation, en matériel et équipement au projet, auprès de l’AMCP.Partenariat, innovation et échange d’expertise sont les vecteurs essentiels de notre action. C’est pourquoi une collaboration avec BEFEN, notre partenaire au Niger, est mise en place sur le projet afin de bénéficier de leur expérience en terme de malnutrition. Cet échange entre deux ONG sahéliennes permet d’une part, un renforcement des compétences des deux côtés, tant sur la nutrition que sur le traitement du paludisme ; d’autre part, cela marque le pas d’une nouvelle approche de l’aide, où le partenariat prend toute sa place.
Budget 2011 : 600 000 euros
Ce projet commun ALIMA/AMCP est financé par ECHO et Médecins Sans Frontières Belgique.

English
Français