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Innovation – Partenariat – Médecine humanitaire

Les ONG médicales ALIMA et BEFEN appellent à la mise en oeuvre de nouvelles approches face à la crise nutritionnelle au Niger

Communiqué de Presse - BEFEN/ ALIMA NIGER – 24/03/2010

Alors que les nouvelles autorités nigériennes admettent une situation de crise nutritionnelle niée pendant des années au Niger, les données prévisionnelles de l’année 2010 s’avèrent particulièrement préoccupantes. Pour aider les autorités du pays à tout mettre en œuvre pour lutter efficacement contre la malnutrition, les ONG médicales ALIMA (Alliance for International Medical Action/Alliance pour l’Action Médicale Internationale),  et BEFEN (Bien Etre de la Femme et de l’Enfant au Niger) demandent aux acteurs de l’aide internationale de se mobiliser en adoptant des stratégies réellement adaptées.

Paris/Niamey, le 24 mars 2010 – Depuis le début de l’année 2010, 2 500 enfants malnutris aigus sévères ont été admis dans le programme conjoint ALIMA/BEFEN dans le district de Mirriah de la région de Zinder. « Les admissions d’enfants malnutris aigus sévères ont augmenté de 50% dans les quatre dernières semaines, explique le Dr Sani Sayadi, coordinateur général de BEFEN. Nos équipes sur le terrain dans le district de Mirriah constatent le déplacement des populations villageoises plus important vers les milieux urbains pour un meilleur lendemain. Face à cette situation, nous allons renforcer notre appui intégré au système de santé nigérien en venant en support de 4  centres de santé additionnels et en doublant la capacité d’hospitalisation sur l’Hôpital de District de Mirriah.»

Mais si la prise en charge médicale des enfants malnutris aigus sévères s’avère indispensable, elle  demeurera insuffisante. Sur fond de grande endémicité de la malnutrition, les chiffres avancés récemment par l’Unicef au Niger sont extrêmement préoccupants. L’agence onusienne estime à 318 000 le nombre de cas de malnutrition aigüe sévère attendus en 2010. Les différents organismes de suivi de la sécurité alimentaire ont tous confirmé une année 2010 dramatique pour la majorité des ménages nigériens. Selon le FEWS (Famine Early Warning System) 2010 pourrait être la « pire année de production depuis au moins 20 ans ».

Pour prévenir cette crise annoncée, la stratégie classique consiste en des programmes de distributions  de rations alimentaires à base de farines enrichies, comme le mélange mais-soja (Corn Soy Blend). Or ce type de distribution a démontré une efficacité très limitée dans ce type de contexte et ces farines enrichies ne contiennent pas les nutriments dont les enfants en bas âge ont besoin. Si le PAM et l’Unicef ont fait des appels aux dons cette année pour augmenter le volume de l’aide, ils n’ont  pas précisé le contenu de ces distributions. «Si la situation alimentaire au Niger nécessite une mobilisation financière des bailleurs internationaux, elle réclame aussi la mise en œuvre de nouvelles approches avec des distributions incluant les aliments thérapeutiques qui contiennent le lait et les micronutriments nécessaires aux enfants en bas âge, indique Augustin Augier, responsable de programme ALIMA. A défaut, l’année 2005 n’aura pas servi de leçon pour combattre efficacement la malnutrition au Niger. »

Cette crise nutritionnelle intervient dans un contexte politique nouveau suite au coup d’état du 18 février 2010 qui a renversé le gouvernement du président Tandja. Le 10 mars 2010, le nouveau gouvernement a ainsi lancé un « appel à la communauté nationale et internationale pour une aide d’urgence aux populations nécessiteuses ».  Ce renversement de situation met donc les acteurs de l’aide face à leur responsabilité comme l’explique Thierry Allafort-Duverger, président d’ALIMA,  « alors que les nouvelles autorités nigériennes reconnaissent et s’inquiètent d’une situation alimentaire et nutritionnelle niée pendant des années, il serait regrettable que la réponse des bailleurs internationaux ne soit pas à la hauteur du problème et que l’on n’utilise pas les techniques et stratégies appropriées pour endiguer la malnutrition au Niger

Des acteurs locaux, leader dans la prise en charge, l’avenir ?

Le programme conjoint BEFEN/ALIMA représente une innovation opérationnelle qui démontre les capacités des ONG nigériennes lorsqu’elles ont accès aux ressources appropriées de fournir des bons résultats. Pour le Président de BEFEN Dr ADAMOU Harissou, « ce genre de partenariat entre BEFEN (ONG nationale) et ALIMA (ONG internationale) est une piste prometteuse à exploiter pour réunir l’efficacité autour du concept de l’intégration et la rigueur dans la gestion qu’exige les bailleurs. »

L’ONG BEFEN est devenue une des ONG leader sur le traitement de la malnutrition dans son pays. Leur équipe prévoit de traiter plus de 25 000 enfants atteints de malnutrition sévère cette année. Ce projet a pu voir le jour à l’été 2009 grâce à la confiance et aux financements du Service d’Aide Humanitaire de la Commission européenne, ECHO, et de la section suisse de Médecins Sans Frontières.

Pour plus d’informations : Augustin Augier – 06 19 54 51 26 ou Thierry Allafort-Duverger 06 16 95 83 99

Télécharger le CP : 100323_CP_ALIMA_BEFEN_NIGER_Crise Nutritionnelle

Le 24 mar 2010